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19/10/2012

Le commandement, par Joseph CONRAD

 

« Je m'assis dans le fauteuil du haut bout de la table - le siège du capitaine, au-dessus duquel était suspendu un petit compas répétiteur - rappel muet d'une vigilance incessante.

Une longue suite d'hommes s'étaient assis dans ce fauteuil. Je pris soudain conscience de cette pensée, très nettement, comme si chacun avait laissé un peu de lui-même entre ces quatre cloisons ornementées; comme si une sorte d'âme composite, l'âme du commandement, avait soudain parlé à la mienne, tout bas, de longs jours de mers et de moments anxieux.

"Toi aussi! semblait-elle dire, toi aussi tu goûteras à cette paix et à cette inquiétude dans une intimité attentive avec toi-même - obscur comme nous le fûmes, et tout aussi souverain face à tous les vents et à toutes les mers, dans une immensité qui n'accepte aucune empreinte, ne conserve aucun souvenir, et ne tient pas le compte des vies." »

 

Joseph CONRAD, La Ligne d'ombre, folio classique, p. 95

(traduit de l'anglais par Florence Herbulot)

Commentaires

C'est très beau.

Écrit par : Sophie | 24/10/2012

Magnifique.

Écrit par : george | 25/10/2012

- Sophie : Oui je trouve.

Écrit par : tanguy | 28/10/2012

Les commentaires sont fermés.