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27/01/2013

Une messe à B...

La messe dominicale de neuf heures et demie est celle que je préfère. Elle est appelée petite messe, par opposition à l'autre, la grande, celle d'onze heures, la mondaine.

A neuf heures et demie, à Notre-Dame de B..., peu de familles, peu d'enfants, quelques couples et surtout des têtes chenues. L'abbé n'est secondé que par deux enfants de chœur, les laïques venus donner lecture, pas besoin de diacre lors de la communion. Il n'y a pas d'encens, peu de fioritures, peu de fidèles s'agenouillant mais ceux qui s'agenouillent s’agenouillent devant la Sainte face de Dieu et elle seule.

La nef est aux trois quarts vide, mais ce vide est plein du Saint Esprit. Et la messe va vite, trop vite sans doute, mais c'est peut-être l'urgence du Salut.

A la fin - après l'annonce pénible et déplacée -, l'abbé nous a invités à chanter "Je vous salue Marie" pour quatre jeunes catéchumènes préparant leur Première Communion. Et pour la première fois j'ai chanté "Je vous salue Marie", je ne l'ai pas annoné, je l'ai chanté comme je n'ai jamais appris à le chanter ou à chanter.

C'est beau un "Je vous salue Marie" chanté.

Écoutez :

"Je vous salue Marie,

Comblée de grâce,

Le Seigneur est avec vous.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes,

Et Jésus, votre enfant, est béni.

Sainte Marie

Mère de Dieu,

Priez pour nous,

Pauvres pécheurs,

Mai-intenant et à l'heure de la mort,

Amen , a-amen, allelluiah"

20/01/2013

Le Pas-de-l'Echelle

"Non loin d'une montagne coupée qu'on appelle le Pas-de-l'Echelle, au-dessous du grand chemin taillé dans le roc, à l'endroit appelé Chailles court et bouillonne dans des gouffres affreux une petite rivière qui paraît avoir mis à le creuser des milliers de siècles."

J-J. Rousseau, Les Confessions, (Première partie, Livre IV)

 

Une note de l'édition de Jacques Voisine en Classique Garnier (couverture affreuse, dirait Jean-Jacques) indique qu'en réalité le paysage décrit par l'auteur n'est nullement nommé Pas-de-l'Echelle.

Mais pour qui écoute cette phrase, il ne fait aucun doute que la fiction aura toujours le dernier mot.

04/01/2013

Mon catalogue

J'ai écrit beaucoup de poèmes, au gré de mes amours adolescentes - et mon adolescence a été longue. J'ai écrit aussi une nouvelle pour un concours, à la fac,  "La Quatrième vanité" que ça s'appelait. Ensuite j'ai tenu un blogue qui s'appelait "V... b...." pendant plusieurs années. Au début j'écrivais tous les jours et puis vers la fin beaucoup moins. J'ai ouvert une dépendance à "V... b..." pour écrire en silence, je fermais les commentaires - comme Pascal Adam, la classe. Il y a quelques années j'ai écrit aussi un roman, au début ça devait être une nouvelle et puis finalement ça a continué à s'appeler "Seconde vue" mais c'est devenu un roman d'à peu près 200 pages qui m'a permis de me fâcher avec à peu près toute ma famille pendant tout le temps que je m'y suis consacré. Très enrichissant comme expérience. Je l'ai envoyé à quelques maisons, ça ne leur a pas plu et au fond ça ne me plait pas trop non plus. Après ça j'ai écrit un conte qui s'appelait "La dernière aventure de Grégoire Grimard", mais ça s'est transformé en "Le trésor perdu de Grégoire Grimard", avouez que ça change tout. Les trésors ça fait rêver. J'ai rêvé que des éditeurs pourraient être intéressés par ces 30 pages mais tous ceux à qui j'ai envoyé ce conte s'en carraient je crois pas mal. Certains n'ont jamais répondu, ce n'est pas très poli. Une maison m'a rendu le manuscrit sans les dernières pages, les salauds, c'était les meilleures... Je devais écrire onze autres contes, un pour chaque mois de l'année, pour faire une recueil mais je n'ai que les titres, des titres super mais j'ai vraiment la flemme. Après j'ai voulu revenir au roman en me disant que vraiment écrire avec la haine c'est pas mal, efficace en un sens, mais je voulais écrire avec des sentiments un peu plus nobles que le ressentiment, vous comprenez. Alors j'ai commencé "la grève", mais pas la syndicale, la grève de galets. Mais j'crois bien que ça me faisait un peu chier, si vous me passez l'expression, de raconter mon enfance, même romancée. Alors j'ai arrêté, car c’est bien connu, il faut savoir terminer une grève. J'ai pas su terminer, j'ai laissé tomber ce "projet" et je suis passé à rien d'autre. Si de temps en temps je me suis dit, tiens, "Seconde vue" c'est pas si mal pour un premier jet, pourquoi tu le reprendrais pas ? Et vas-y que je m'y recolle, oulala, pas possible d'écrire comem ça, t'avais de la merde dans les yeux ou quoi ? Ca faisait trop de nettoyage, j'avais pas vraiment le dégraissant, j'y refoutais de nouvelles taches. oh d'la merde. Bref comme en plus j'ai fermé mes blogues d’origine, j'en ai bien rouvert un mais j'y écris qu'une fois le temps, ce qui fait qu'en réalité je n'écrivais plus du tout. Et puis à la rentrée j'ai pensé à cette histoire de mariée qui s'est noyée avec sa robe au cours d'un shooting photo au Canada, oh ce n'est pas une histoire, un fait divers en fait, pas même aussi sordide que ne l'avait présenté la presse mais ça tombait bien je voulais pas écrire une nouvelle sordide. J'ai écrit les premières lignes, première phrase impecc': "Elle voulait un souvenir différent." mais dès le deuxième paragraphe, le vif du sujet, les détails concrets etc, je pouvais plus, l'intendance ne suit pas toujours, vous comprenez.

Et puis hier, je crois que c'était hier, ça m'a repris. Allez je vais m'y remettre. Voyons voir, j'ai une épigraphe d'enfer, cette citation de Sir Thomas Browne, la mort, le sommeil, etc, en anglais surtout hein, comme un pro. Alors c'est parti, je reprends cette idée, "L'empreinte", c'est bien ça comme titre. Eh pas "L'empreinte du ciel", c'est déjà fait et c'est vraiment mauvais en prime. Tu te prends pour Connely - le must du polar qu'elle a dit la vendeuse, l'aut' jour, à Dialogues - avec un S ma couille, un dialogue c'est vraiment miteux, on a plus de classe que ça, quand on vend des livres, même à Brest - surtout à Brest, je devrais dire.

Je crache la première phrase : "Je recevrai le baptême d'ici peu, et les péchés de trente ans d'existence me seront remis." Waouw, ça en jette! Continue bonhomme, "mitan" c'est bien ça comme mot, les gens savent même pas que ça existe, ils pensent que tu sais pas écrire "mi-temps", vas-y jette leur ça dans la gueule à ces péquenots. Wowowow! Et des peaux mortes, et des pierres anguleuses, terrible. Foudroyé ton lecteur, avec ça. Vas y envoie la suite. C’est là que vient le must : "l’indifférence des mots", c'tte tuerie! L'indifférence des mots ? J'ai bien lu ? Ah non mais moi quand j'y vais, j'y vais carrément, pas le bout de la queue, jusqu'à la hampe. L'indifférence des mots, blam.

Arrive le moment de se relire.

P't'être pas la peine d'ajouter une telle merde à toute la merde déjà écrite et/ou publiée.

Rideau.

Le catalogue s’arrêtera là pour aujourd’hui. Bonne soirée à tous.