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28/09/2013

Miss Eventail?

Pour Sophie de la pluie-qui-passe

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(Miss France ayant un gros bouton d’acné sur la joue gauche ce soir-là, Miss Philippine simule un geste de salut pour masquer cette contrariété photogénique aux objectifs indélicats... La classe!)

15/09/2013

Une femme

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Assez connement je dois dire j'ai commencé par lui demander comment cela lui était arrivé car elle avait le bras en écharpe. Ensuite j'ai appris qu'elle avait été quinze ans secrétaire de direction d'un PDG mais avait arrêté pour ses enfants, qu'elle ne le regrettait pas mais que c'était un sacrifice, ça lui manquait. Ne pas travailler est dévalorisé.

Elle a trois enfants, deux filles et un garçon, un garçon qui marchait exprès sur les pieds de son instite parce qu'expliquait-il: "Elle est stupide!". Elle était aussi directrice et je ne veux pas être mauvaise langue mais c'est souvent un signe qui ne trompe pas, en effet.

D'artistes enfin, de peintres - elle dessinait, peignait, des paysages et des portraits de ses enfants -, certains que je connaissais, Odilon Redon, Gauguin, Picasso, d'autres que je ne connaissais que de nom, Dufy (Raoul et Jean), et un peintre que je ne connaissais pas du tout: Giorgio Morandi.

C'est un italien, il n'a peint que des natures mortes.

Une femme charmante, je l'ai laissée avec son mari qui est plein de charme, chirurgien venu tout jeune en France de Turquie ; il me rappelle mon oncle mort cet hiver. Tout cela semblait beaucoup l'amuser - le flattait.

Pour finir en rentrant j'ai écrit ce billet après avoir cherché qui était ce mystérieux Morandi et ce qu'il a peint. J'ai trouvé ces deux photos qui ne dénoteraient pas sur "la pluie qui passe".

Pour l'instant je n'arrive pas à aimer les natures mortes, ça viendra peut-être. Visiblement il a aussi peint quelques paysages.

A la maison une autre femme s'endormait, charmante, tout à fait le genre à qui un jeune homme ferait du gringue à deux pas de son mari de vingt ans plus âgé un soir d'anniversaire au milieu de quarante personnes.

Vers la fin de la soirée, avec deux autres convives, et notre hôtesse dont c'était l'anniversaire, il était aussi question de la mort, de la foi, du corps glorieux ou mortel et du paradis.

J'ai oublié de dire que la pièce montée était somptueuse, les choux délicieux. La pâtisserie s'appelle Saint François d'Assise. Pourquoi inventer des histoires?

Bonne nuit.

 

PS: Un truc que j'aime bien faire, dans toute assemblée, par nos régions versaillaises, trop gentiment catholiques à mon goût, c'est placer, avec mon boulot, que je suis militant syndicaliste - une fois que le courant est bien passé. Contribution à l'effort de guerre idéologique. C'est une chose que je reproche à ceux qui ont eu une éducation catholique: ils prient et s'imaginent que le monde fait trêve pendant leur prière, mais la guerre ne s'arrête pas. Et je ne parle pas de la guerre dont parlent nos journaux, pas seulement.

Pendant ce temps la fête aussi continue, et il y a là des personnes que j'aime, mes parrains, un vieux monsieur qui est le père de ma marraine, et cette femme charmante dont je parlais tout à l'heure. Et qui expliquait que d'après son frère, enseignant, les profs sont un peu trop politisés. Son frère était enseignant en Travaux Manuels éducatifs (couture, cuisine) il y a quinze vingt ans et depuis reconverti de force par le Ministère en prof de technologie - ce qu'il déteste. Dans le privé ce serait un plan social, mais ce n'est qu'une réforme, amen. Comme la réforme des STI2D, une filière technologique autrefois divisée en 32 sections très spécialisées, pratiques, de haut niveau technique formant des techniciens recherchés par l'industrie, et désormais quatre filières fourre-tout à la con sans rapport avec la réalité des métiers. Il y a deux semaines, veille de prérentrée, un collègue de cette filière, Pierre Jacque, reconverti de force depuis un an, s'est suicidé, dénonçant dans une lettre la réforme STI2D dont les journaux ont à peine parlé et contre laquelle la majorité de ses collègues "un peu trop politisés" n'a pas bougé le petit doigt.

Celui qui ne veut pas oublier peut lire Georges Hyvernaud et "Notre cher Péguy", dans La Peau et les Os. (merci à toi Mikaël)